Présentation: Tamiya TRF420X.

Edité le 06/06/2022.
Réactualisé le 06/06/2022.
Texte et photos: Georges.

Tout d'abord, un grand merci à Alain de la chaîne Youtube Alain R/C Genève qui m'a confié son auto pour cette séance photos!

La nouvelle Touring Car 1/10° électrique de compétition de la marque aux deux étoiles, la TRF420X, n'est plus vraiment un scoop puisqu'elle avait été dévoilée début février 2022 et que sa commercialisation a déjà débutée mi-mai. On trouve ainsi déjà de nombreuses informations et vidéos à son sujet sur internet et les réseaux sociaux. Mais rien ne vaut d'avoir l'auto sous les yeux et dans les mains pour se faire une opinion dessus!

Sans surprise, la TRF420X reprend bon nombre des composants du modèle précédent, la TRF420, notamment une partie de la transmission, les amortisseurs, et les épures de suspension. Malgré ce que pouvait laisser augurer le récent TA08, Tamiya n'a pas adopté de triangles longs en carbone, mais reste fidèle aux épures de suspension classique à base de triangles en plastique rigide associés à des biellettes. La marque nipponne ne cèdent pas non plus aux modes des cellules avant désolidarisées ou encore des barres antiroulis rabaissées. La répartition des masses suit la voie engagée par Zero Tribe et ces kits de conversion Zetricks type MR pour les Team Xray T4, les Yokomo BD9 et BD10 et... les Tamiya TRF420, et par la Infinity IF14-2, une auto qui se fait discrète commercialement en raison d'un prix relativement élevé, mais qui ne manque pourtant pas d'intérêt d'un point de vue technique. Ainsi le moteur reste sensiblement à la même position arrière, mais la poulie centrale supportant la couronne passe devant le moteur. La courroie arrière est ainsi plus longue et la courroie avant est plus courte, mais les courroies ne sont pas de longueurs égales comme sur les autos en configuration "Mid", la plus en vogue actuellement.

En main, on reconnait immédiatement la qualité Tamiya. L'anodisation couleur bleue est uniforme sur toutes les pièces en aluminium. Le carbone employé est excellent et comme sur le TA07 MS et MSX Tamiya a eu l'excellente idée de ne pas fraiser le châssis en carbone au niveau du moteur, ou pire, également en miroir du moteur. Le flex du châssis est donc nerveux et à très faible hystérésis, et il le restera donc longtemps, même si, en contrepartie, le centre de gravité est remonté car le moteur est montée un peu plus haut sur son bâti. A noter qu'avec le kit du TRF420X est également livré un châssis en aluminium très joliment ajouré. Niveau équipement, on trouve une platine flottante pour le récepteur et le contrôleur, un support de servo flottant monobloc en aluminium, des renvois de direction en aluminium sur roulement, un lest central, des supports de carrosserie à deux positions pour avancer ou reculer la carrosserie, etc. Hormis des ressorts et des barres antiroulis supplémentaires pour adapter l'auto aux conditions de la piste, envisager pour le moment d'autres options semble superflu.

Son pilote m'a confié son auto pour effectuer quelques tours de piste avec. Les ressorts Green d'origine, super-soft, avaient été remplacés par des Red, soft, et l'huile dans les amortisseurs était de la 550, le reste étant conforme aux réglages d'origine. Et honnêtement, j'ai été impressionné par ses qualités dynamiques. Le train avant est précis, vif, incisif et réactif comme j'aime, et le train arrière arrive à suivre sans problème. Si on arrive trop vite dans le virage, le train avant devient un peu sous-vireur et rassurant, mais quand on trouve le bon tempo et l'auto plonge de virage en virage avec fluidité. L'auto donne envie de jouer et s'avère être un régal à piloter selon moi, même si d'aucuns pourraient même la trouver un peu pointue. Et les temps dans tout ça? Et bien avec le TRF420X, sans forcer étant donné que la voiture ne m'appartient pas, mon meilleur temps au tour est de 15.664s au quatrième tour, sachant que mon meilleur tour de la journée avec ma Awesomatix A8000MMX était de 15.342s dans les mêmes conditions de piste (15.180s plus tard dans la journée). Bref, la TRF420X est non seulement une très belle auto, mais elle a du potentiel sur la piste également.

Toutefois, quelques défauts ont déjà été diagnostiqués sur cette auto. Ce sont surtout les supports d'accu qui concentrent les critiques. Certains pilotes leur reprochent, en cas d'utilisation de batteries vraiment épaisses (style 8000mAh), bien qu'ils passent juste en-dessous de la platine supérieure, le fait qu'il soit impossible de les glisser dans les supports d'accu lorsque les deux sont montés. Je trouve un peu dommage aussi l'absence de possibilité avec les supports d'origine de fixer la batterie avec du scotch toilé. Toutefois, rien de difficile à corriger en adoptant des pièces de la concurrence. Les biellettes en aluminium anodisé bleu sont magnifiques, mais sensibles aux manipulations (clef de qualité indispensable, voir idéalement en plastique), et il serait peut-être opportun de les remplacer par des biellettes en titane si on roule sur des pistes avec un balisage sévère.

Pour l'anecdote, les premiers kits livrés par Tamiya comportaient deux colonnettes en aluminium pour les supports d'accus légèrement trop longues. Leurs acheteurs ont reçu quelques jours après deux colonnettes à la bonne longueur avec une notice explicative quelques jours plus tard gratuitement.

Et si Tamiya, en restant fidèle à des solutions classiques mais affinées, avait trouvé la bonne recette pour se maintenir dans le marché de la compétition haut-de-gamme en proposant un produit simple à entretenir et à régler, mais restant performant, à une clientèle que la complexité des autos actuelles pourraient rebuter? A l'instar de Yokomo, qui suit sa propre route avec sa nouvelle BD11 aux solutions techniques originales, et qui semble renouer avec le succès en compétition. Dans tous les cas, le marché de la compétition en Touring Cars 1/10° électrique retrouve un peu couleur et de diversité, et ça fait plaisir!

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Texte et photos: Georges.