Vintage: Schumacher SPC
(troisième partie)

Edité le 15/08/2009.
Réactualisé le 23/08/2009.
Textes et photos de Georges.

Comme évoqué dans l'épisode précédent, une bonne partie des pièces composant le différentiel manquait à l'appel. En comparant les dimensions avec des pièces Corally d'une SP12M, force est de constater que nombreuses sont celles qui correspondent. Le diamètre de l'axe est identique, la butée à billes très similaire, et l'écrou de serrage du différentiel, au pas spécifique, est compatible.

En l'absence de notice ou d'éclaté représentant le différentiel, deux sources d'informations ont été précieuses pour essayer de monter ce différentiel sans trop d'anachronisme:

Deux références de Corally ont donc été achetées pour rendre fonctionnel le différentiel Schumacher:

  • 75920 (diff. nut set), qui inclue un écrou en plastique et une rondelle Belleville.

  • 1005 (differential spare parts set), qui inclue les deux plateaux de différentiel (dimensions ca. 20.00x9.80x0.80mm), les billes et la butée à billes ainsi ses plateaux (dimensions ca. 16.90x6.50x0.80mm).

La butée à billes Schumacher est à gauche sur la photo ci-contre, et celle de Corally livré dans le kit référence 1005 à sa droite. On choisira de monter cette dernière, car livrée avec ses billes adaptées.

La couronne Schumacher est plutôt bien moulée, exceptée les trous de logement des billes. Le diamètre de ces trous doit en effet osciller entre 2.5 et 3mm. Aucun des diamètres n'est identique à l'oeil et la couronne est donc inutilisable tel quel. Les trous ont donc dans un premier temps été égalisés avec un alésoir de 3.03, mais un premier essai avec des billes de 3mm montre que l'épaisseur de la couronne au niveau de leur chemin est trop importante. Après un reperçage des trous à 3.2mm et le montage de billes de 3.17mm, c'est mieux, mais c'est encore trop juste.

La partie centrale de la couronne a donc été retravaillé avec une meule à plat pour la diminuer en épaisseur.

La couronne Schumacher n'est pas symétrique. La face de la couronne montrée sur la photo ci-contre ne peut se monter que du côté qu'orientée vers la gauche, du côté du pod. Et en raison de son moulage, on ne pourra monter que le plateau de 16.90x6.50x0.80mm, i.e celle normalement destiné à la butée à billes Corally.

A remarquer que sur certains documents rassemblés dans le cadre cette restauration, les couronnes Schumacher portent parfois un roulement au centre. Celle en photo n'en possède pas.

Le plateau de 16.90x6.50x0.80mm, naturellement préalablement dépolie au papier de verre 800 ou 1000 des deux côtés puis dégraissé, sera collée délicatement et bien à plat sur la butée de l'axe de différentiel avec de la colle cyanocrylate. Le collage se justifiait, car l'aluminium de cette butée semble être usinée dans une nuance plutôt molle, sensible à l'abrasion.

Le moyeu de la roue droite possède ce qui ressemble à deux logements de plateaux. Le plus profond peut acceuiller le plateau de diamètre extérieur 16.90mm, ce qui serait symétrique avec celle portée par la butée de l'axe. Et c'est le montage à blanc illustré ci-contre en photo, mais ce montage n'est pas juste car dans ce cas, les billes portées par la couronne ne serait pas en contact avec le plateau. De plus, le montage du roulement épaulé livré par Schumacher serait insatisfaisant.

Le montage retenu sera finalement le suivant, illustré en photo ci-contre. Le roulement épaulé Schumacher est donc introduit par le côté gauche, et le plateau de diamètre extérieur 20.00mm est ensuite introduit. Tout s'empile parfaitement et le roulement est ainsi immobilisé. Le plateau, également dépoli des deux côtés au papier de verre (et comme le seront aussi les plateaux en contact avec la butée à billes), sera prudemment encollé sur son diamètre extérieur contre le moyeu à la colle cyanocrylate.

Le second plateau de diamètre extérieur 20.00mm sera monté à l'intérieur du moyeu. Comme ce dernier semble moulé dans un plastique à faible coefficient de frottement, parti sera également pris de l'immobiliser par collage. Pour l'introduire au fond du moyeu, on utilisera une pince à circlips et un film très fin de cyanocrylate sera appliqué sur les surfaces de contact.

Ce plateau tombe parfaitement dans le logement qui lui est destiné au fond du moyeu et est centré par le roulement. Tout serait presque parfait si justement ce roulement ne dépassait de quelques dixièmes de millimètre du plateau. Sans doute les plateaux Corally sont-ils légèrement plus fins que ceux qui devaient être fournis par Schumacher à l'époque. Le problème est que la pièce en plastique constituant le corps de la butée risque de frotter contre l'extérieur dudit roulement.

Après réflexion, la seule solution propre, facilement et rapidement réalisable serait de retravailler la butée à billes.

Après réalésage à la main et ébavurage, voici le résultat en photo ci-contre. L'alésage doit faire approximativement 1mm de profondeur, juste assez pour empêcher le frottement contre le roulement et ne pas compromettre le guidage de la butée.

Le tout (avec dans l'ordre butée à billes, plateau, rondelle Belleville et écrou légèrement retravaillé pour pouvoir le maintenir avec une pince à bec à l'intérieur du moyeu) sera remonté avec une goutte de graisse silicone sur les billes de la couronne et de la butée. Concernant cette dernière, pour un modèle roulant, de la graisse graphité eusse été préférable, mais comme il s'agit pour le moment d'un modèle statique, la graisse silicone vieillit mieux et est moins salissante.

Certes, un tel différentiel digèrerait difficilement les puissances fournies par les moteurs de compétition actuels. Certes (bis), quelques composants modernes ont été introduits, comme les plateaux et la butée à billes, mais sont-ils vraiment si différents de ceux de l'époque? Mais au final, force est de constater que son fonctionnement est vraiment excellent, onctueux, sans aucun point dur et l'ensemble tourne rond. Et le tout reste également très léger, plus léger sûrement que les productions actuelles.

Ce fonctionnement surprenant de qualité a certes demandé pas mal de réajustement, mais néanmoins il faut rappeller qu'il s'agit d'une auto âgée de bientôt 25 ans, construite quasi-artisanalement, en faible quantité, et destinée à une clientèle compétition, exigeante mais érudite, et, qui de plus, explorait des solutions pionnières.

La suite de cette restauration au prochain épisode!

Textes et photos de Georges.